COLLOQUE IHEDN DU 12 JANVIER 2012 : INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET ETHIQUE – 1ERE PARTIE

Le 12 janvier dernier, l’Association des Anciens élèves de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale), en collaboration avec le CIFFOP (Centre Interuniversitaire de Formation à la Fonction Personnel), organisait un colloque sur le thème de l’intelligence économique et de l’éthique.

 Dans le magnifique cadre de l’amphithéâtre Foch de l’Ecole militaire à Paris, les différents intervenants du monde militaire et civil étaient venus répondre à la question suivante :

« Intelligence économique et éthique : quelle gouvernance face aux nouveaux défis ? »

 Amphithéâtre Foch de l’Ecole Militaire – crédit photo : Jacques Robert (DMPA)

Introduction

Dans un discours d’introduction, le professeur Pascal Chaigneau, professeur des Universités (HEC- université Paris V Descartes – Sorbonne Paris) pose le débat en les termes suivants :

– Comment concilier éthique et intelligence économique dans un monde globalisé en pleine évolution ?

 – Ces deux notions sont-elles conciliables aujourd’hui pour les entreprises ?

 Thème n° 1

 Le premier thème est lancé et la parole est donnée à Monsieur Dominique Lamoureux, Directeur Ethique et Responsabilité d’Entreprise chez Thales et président du SIEPS (Syndicat des Industries Exportatrices de Produits Stratégiques).

 « De quoi parle-t-on ?  » S’interroge notre premier intervenant.

Monsieur Dominique Lamoureux  définit l’éthique comme une discipline au dessus du simple respect de la législation, une simple conformité.

L’entreprise éthique n’est pas une entreprise morale, on n’est pas dans le domaine dogmatique de la morale.

Dans son domaine d’activité, on est « supra légal » et « infra moral ».

Comment procède-t-on pour effectuer des arbitrages entre des demandes multiples ? : 

  • Demande des acteurs
  • Demande des salariés
  • Demande des clients
  • Demande des fournisseurs
  • Demande de la société civile

Comment doit-on agir pour obtenir le bon équilibre ? 

On est dans un environnement difficile, très compétitif et l’entreprise doit produire et vendre dans cet environnement dont les caractéristiques  peuvent se résumer de la façon suivante : 

  • Exigence absolument accrue
  • Plusieurs types de capitalisme
  • Un capitalisme financier qui fonctionne à la seconde
  • Un capitalisme qui n’est pas soumis à du juridique

Dans leur domaine d’activité, les entreprises sont inscrites dans le temps long (30 ans).

Par exemple, dans la fabrication de radars, on affecte des collaborateurs, des fournisseurs aux projets, on s’inscrit dans la durabilité.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           L’émergence des ONG et de la société  civile provoquent des mouvements et des exigences.Les entreprises évoluent donc aujourd’hui dans cet environnement en mouvement constant. 

Pour Monsieur Lamoureux, l’éthique est indispensable aujourd’hui dans son domaine d’activité pour s’inscrire dans la durabilité. 

Le monde est soumis à des contraintes :

  • ·        La corruption
  • ·        Problème de l’environnement
  • ·        Problèmes sociaux
  • ·        On privilégie un grand libéralisme, mais à quel coût ? 

L’intelligence économique permet de donner à l’entreprise :

  • Une capacité  de connaissance de l’environnement
  • Une compréhension des clients
  • Une possibilité d’actions.

Cette recherche s’applique dans la déontologie. 

Selon Monsieur Lamoureux, l’intelligence économique doit : 

  • ·        se préoccuper de la protection et de la sûreté des biens technologiques
  • ·        permettre d’accroitre leur influence sur leurs marchés, vis-à-vis de leurs gros clients
  • ·        s’inscrire dans une intelligence normative 

L’entreprise doit être un acteur de l’émergence de ses propres règles. 

L’intelligence économique est un outil, comment peut-on le mettre en œuvre ? 

Il est fondamental, selon l’intervenant, de « mettre de l’intelligence collective », de « jouer sur l’intelligence ». 

Pourquoi ne pas mettre de l’intelligence collective

  • entre entreprises
  • en définissant des partenariats
  • en développant des actions sectorielles avec les entreprises

Des exemples : 

Il est nécessaire :

  • d’échanger les « best practises » entre les entreprises par des actions collectives
  • de définir des partenariats entre secteur public et secteur privé
  • de définir une réelle confiance entre entreprises et administration

Concernant la corruption, le groupe Thales affiche une tolérance zéro pour cette pratique et s’interdit de verser des pots-de-vin, malgré la corruption qui existe dans un certain nombre de pays.

Depuis les premières recommandations de l’OCDE en 1997 contre la corruption dans les transactions internationales (http://www.oecd.org/dataoecd/36/37/26243002.pdf) et la convention de Mérida des Nations Unies,  le groupe n’a aucune action sur la corruption passive. (http://www.unodc.org/pdf/crime/convention_corruption/signing/Convention_f.pdf) 

Comment  le Groupe Thales procède-t-il pour vendre ? 

L’intelligence stratégique intervient pour savoir comment le groupe Thales doit faire pour rester dans un pays où la corruption est de mise et cherche d’autres voies comme : 

  • Les pratiques offset (compensation industrielle)
  • Développement de l’emploi dans le pays concerné
  • S’inscrire dans un autre  business mode
  • Importation dans le pays concerné

                                                           – – – – – – – – – – – — – – –

 Suite à l’intervention de Monsieur Lamoureux, la parole est donnée à  Madame Catherine DELHAYE, Deputy General Counsel, en charge de l’éthique et de la compliance chez Accenture. 

Juriste de formation, elle précise que Accenture est un cabinet de conseil mondial, d’origine américaine, et pratique une éthique et une compliance anglo-saxonne au niveau global. 

En premier lieu, Madame Delhaye reprend une définition de l’activité d’intelligence économique.

«  C’est un dispositif par lequel tout acteur de la vie économique assure la maîtrise et la protection de l’information qui est essentielle pour ses activités ». 

Ce dispositif comporte deux dimensions, l’une offensive, l’autre défensive :

         D’un coté, il s’agit de rechercher, traiter et exploiter l’information utile

Pour Accenture, c’est détecter l’information stratégique.

         De l’autre, il s’agit de la protéger dans un environnement fortement concurrentiel.

Pour Accenture, c’est un moyen de défendre le patrimoine matériel. 

 Le cabinet de conseil Accenture est confronté à des cultures différentes (activités dans plus de 120 pays), et ses métiers sont variés : 

         Centre de recherche et d’innovation technologique (production de brevets) à Sophia- Antipolis

         Organisation

         Stratégie

         Outsourcing

         Mise en œuvre d’expertise, de services, de logiciels 

L’activité du cabinet conseil est au cœur de l’information et  les collaborateurs sont détenteurs d’informations stratégiques de leurs clients. 

Les enjeux pour Accenture sont multiples. 

– Le premier est de défendre son savoir-faire, le taux de turnover est de 10 % de collaborateurs qui vont dans les cabinets concurrents. 

– Le second est chaque collaborateur est vecteur et ambassadeur de la marque Accenture. 

– Le troisième que le cabinet soit fiable à l’égard des partenaires qui apportent logiciels, métiers. 

– Le quatrième est qu’Accenture doit être une bonne entreprise citoyenne pour assurer la croissance et la durabilité. 

Enfin, il faut rassurer les salariés, les actionnaires et les tiers. 

Comment organiser le cabinet Accenture avec 20 000 consultants ? 

Quelles règles adopter en matière d’éthique et de compliance, deux notions interdépendantes ?. 

L’éthique : c’est le message porté par la direction, quel comportement on veut adopter, c’est la réaffirmation de ce que l’on veut dire, ce que l’on veut être.

Compliance : comment on va mettre en œuvre pour être une référence en matière de déontologie, d’éthique et de responsabilité sociale ? 

Il existe chez Accenture des règles « soft » et des règles « durs ». 

Il y a d’abord un code conduite des affaires et d’éthique, document qui formalise un certain nombre d’actions et de normes, et qui vise à engager l’entreprise et les partenaires. Ce code de conduite est destiné à aider les collaborateurs et  à les guider dans leurs actions et prises de décision. 

Les valeurs, sont au nombre d’une douzaine, et s’articulent à travers des règles : 

         Développement de la valeur aux clients

         Respect des biens matériels et immatériels

         Règles de confidentialité qui s’imposent aux collaborateurs

         Propriété intellectuelle protégée

         Règles média relations (on ne parle pas à la presse, au public, on vérifie à qui on va s’adresser, on ne laisse pas divulguer de l’information)

         Encadrement dans les rencontres

         Règles concernant  les témoignages pour les tribunaux

         Règles de conflits d’intérêts

 

Les collaborateurs et partenaires sont sensibilisés à la confidentialité et à la protection de la propriété intellectuelle. 

La protection de l’information, c’est l’ADN d’Accenture, affirme avec conviction Madame Delhaye à l’auditoire. 

Au-delà des règles, il y a les hommes et les femmes, les collaborateurs. 

Une personne chez Accenture est chargée de la sécurité de l’information, de l’info business, de s’assurer qu’il n’y a pas de fuite. 

Le processus de prise de conscience commence par des formations, par le biais électronique ou formation personnelle.

« Le concept est bien beau », dit Madame Delhaye, « mais si les gens ne comprennent pas, cela ne fonctionnera pas ! ». 

Pour chaque nouvel entrant dans le cabinet conseil, il y a une formation spécifique, et on veille au suivi des formations (formation électronique ou personnel). 

Le processus est contractuel avec les clients et les partenaires d’Accenture et les contrats de travail avec les collaborateurs comportent des clauses de confidentialité. 

Un programme spécifique est mis en place pour protéger les données de clients.

Pour chaque projet avec un client, une personne est nommée pour s’occuper de la protection des données.

Le collaborateur doit prendre conscience et comprendre l’aspect stratégique des données sur un projet client. 

Les collaborateurs signent des obligations à respecter (par exemple ne pas envoyer des fichiers à l’extérieur). 

Un contrôle est mis en place pour identifier le cas échéant les violations. Si c’est le cas, la société poursuit sur le plan civil et pénal. 

« Les intentions sans les outils et les actes, cela ne sert à rien. », déclare Madame Delhaye. 

Mais le cabinet est conscient que l’on ne peut pas tout freiner, il faut faire confiance aux individus, on est dans une approche « américaine ». 

La machine semble lourde à gérer, mais le dispositif est indispensable, insiste Madame Delahaye. 

Les règles sont très formalisées chez Accenture, ainsi par exemple, un collaborateur n’invite pas à déjeuner un fonctionnaire lors d’une attribution de lots sur un marché public.

Accenture s’engage à respecter les biens de ses clients. Une copie emportée, c est une contrefaçon, une documentation emportée, c’est du vol.

La formation auprès des collaborateurs, est illustrée de nombreux exemples pour les sensibiliser aux règles définies au sein du groupe. 

Suite à une intervention de Monsieur Dominique Lamoureux constatant l’installation d’une « usine à gaz » au sein d’Accenture, Madame Delhaye rétorque que la croissance dépend de cette rigueur et que le marché attend du groupe cette approche. Elle rappelle que les métiers d’Accenture tournent autour de la  gestion de l’information et qu’il est indispensable de mettre en place un outil de renseignement par rapport à chaque employé et collaborateur du groupe ; l’entreprise est multinationale et le dispositif s’applique à tous.

Elle termine son intervention en concluant que le groupe Accenture veut faire de cette contrainte une opportunité.

                                                                   – – – – – – – – – – – – – – – 

Monsieur Frank Bournois, CIFFOP – professeur des Universités de Panthéon Assas Paris II, intervient pour nous parler du lien entre l’intelligence économique stratégique(IES) et les ressources humaines. 

La dimension est cruciale dans l’organisation entreprise. Selon lui, l’entreprise en tant qu’entité n’existe pas, elle existe seulement pour les juristes.

Ce sont les hommes qui l’animent, qui la font développer (matériel, flux, équipement, produits).

Une entreprise n’a de sens que si elle est tournée vers la performance.

 L’intelligence économique et stratégique doit plus intégrer les évolutions RH tout comme les RH doivent intégrer les réflexions IES. Malheureusement aujourd’hui, on est loin du compte. 

Monsieur Bournois nous donne sa définition de l’IES (intelligence économique et stratégique) : 

C’est une démarche organisée au service du management de l’entreprise visant à améliorer les performances pour la collecte, le traitement de l’information et la diffusion de connaissances utiles à la maîtrise de son environnement (notions d’opportunités et de risques). 

 C’est un processus d’aide à la diffusion  qui : 

         utilise des outils spécifiques

         mobilise des salariés

         s’appuie sur l’animation de réseaux humains internes et externes 

Selon lui, L’IES sera encore plus au cœur de l’action en 2020 à cause : 

         de la porosité des frontières en entreprises

         de l’outsourcing facilities management

         des parties prenantes exigeantes (stakeholders, RSE)

          de la flexibilité et de la décentralisation accrues

          de plus d’emporwement (prise en charge de l’individu par lui-même) et moins de contrôle

         de l’internationalisation (Asie, pays émergents)

         de nouvelles attentes

         diversité éthique et compliance

         fraude à l’identité, judiciarisation 

L’IES est un ensemble de cinq sous-ensembles : 

         Environnement de l’entreprise

         Stratégie

         RH

         Outils

         Réseaux 

L’IES s’apparente au management des risques. 

Une enquête montre en 2000  que sur une échelle représentant des Etats, des entreprises internationales et petites structures : 

13.7  % subissent de la désinformation

12.7 %  des interceptions d’informations

30.8 %   sont soumis au lobbying et à l’influence

11 %  au débauchage de leurs cadres

12 % à l’atteinte à la réputation 

Le degré de conscience des DRH en matière de risques IE (intelligence économique) est faible. 

Le bon modèle IE n’existe pas car il varie en fonction : 

         des effectifs

         du CA

         des attaques antérieures

         de la notion d’échelle de la concurrence

         de la part export 

L’organisation interne de la fonction IE est déterminante ; 

Comment rattacher l’IE ?

Reporting au Directeur Général ?

Liaison division elle/filiale ?

Liaison avec d’autres fonctions (compliance, RH) ?

Nature des missions : à la commande, groupe de travail permanent, plan de gestion de crise ?

Profil des responsables en IES ?

Formation d’origine des responsables ? 

Il faut penser l’IES de demain avec les salaires de demain 

Aspiration de la génération Z 

         Besoin d’autonomie (feedback)

         Rapport à l’autorité

         Rapport au travail (moins sur des valeurs LT, contrats)

         Besoin d’apprendre (variété, génération zapping)

         Rapport au temps (immédiate et parcours professionnel accéléré)

         Rapport à l’information (internet)

         Liberté d’expression (méconnaissance des codes)

         Engagement dans le travail (liés au collectif, équilibre des vies)

         Diversité relationnelle et éthique (solidarité, communauté, rites) 

Pour la génération d’aujourd’hui, le pouvoir c’est celui qui met l’information au service de la communauté. 

Il faut mettre les outils à la disposition des collaborateurs avec une protection systématique des biens, des règles de confidentialité et de sécurisation de l’information.

Il faut faire évoluer les outils (tableaux de bord en temps réel, mashboard, mashup et dashboard). 

Les RH doivent intégrer l’intelligence stratégique dans leurs politiques, dans leurs pratiques. 

Eléments du cycle de renseignement   /    Notre composante IES

  • Attirer les talents       →                                  Maîtriser les risques / recrutement
  • Récompenser         →                                     Valoriser les comportements favorables à l’IES
  • Développer         →                  Intégrer la dimension IES dans les programmes de formation
  • Fidéliser            →                                          Utiliser le levier de la culture d’entreprise
  • Impliquer          →                              S’appuyer sur le management de proximité
  • Dialoguer     →                                   Anticiper les risques en liaison avec partenaires sociaux
  • Evaluer   →                                        Construire et suivre des indicateurs pertinents (évaluer)

En conclusion, Monsieur Bournois parle de la nécessité de passer d’une hiérarchie sociale classique à une hiérarchie de la connaissance dans l’entreprise par : 

         Positionnement de la fonction IE

         Professionnalisation des responsables IES en liaison avec les autres fonctions de l’entreprise dont les Ressources Humaines

         Intégration de l’intelligence stratégique dans les processus RH

         Elaboration d’outils

         Faire des échanges intelligents

         De bonnes pratiques au sein de différents groupes d’activité 

Thème n° 2 : Intelligence économique et éthique dans la compétition mondiale.

En début d’après-midi Monsieur Alain Juillet, Président de l’académie de l’IE et du club des directeurs de sécurité des entreprises, et ancien Haut Responsable à l’Intelligence Economique auprès du gouvernement français, souhaite définir ce que l’intelligence économique et l’intelligence stratégique doivent permettre de mettre en place. D’abord de la clairvoyance à long terme et outils d’aide à la prise de décision. 

Alain Juillet pose le problème de l’éthique, de la morale et des rapports de force dans le jeu de la mondialisation au niveau :

  • Des guerres militaires
  • Des hommes
  • Des conflits intra-entreprises

Au niveau des guerres : 

Première réflexion : 

L’éthique est issue de la morale et la morale est évolutive. L’éthique et la morale sont au dessus des rapports de force.

 Allusion au code d’honneur des chevaliers, au respect des règles éthiques et morales, de la notion de vivre ensemble.

Il parle de Saladin qui en 1187, décapita Renaud de Chatillon, baron des terres de Palestine, car il n’avait pas respecté une trêve. 

Deuxième réflexion : 

La morale et l’éthique évoluent tout le temps. 

Les exemples sont nombreux : 

– Les conventions de Genève définissent des règles relatives au traitement des prisonniers  en cas de conflit armé.

Qui les respecte se demande Monsieur Juillet ?

Est ce qu’on respecte les conventions de Genève à Guantanamo ? 

Les soldats américains bénéficient d’une impunité judiciaire contre les crimes de guerre. 

– Monsieur Juillet évoque ensuite la demande par les croisés aux habitants de Béziers de livrer les cathares en 1209.

Avant de prendre Béziers, un légat du pape aurait dit : Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens ! 

– Pendant la seconde guerre mondiale, ceux qui résistaient au régime nazi étaient considérés comme résistants. Pour les allemands, c’était des terroristes. 

Au niveau des individus : 

Aujourd’hui au niveau de l’individu, l’argent et le statut social sont devenus des valeurs importantes. 

La société actuelle du statut social et de la « peoplelisation » vous crée un besoin très fort et l’individu tombe dans le piège.

On veut avoir très vite un statut, et l’éthique et la  morale, on s’en « fout ». 

L’individualisme prime sur tout aujourd’hui et on essaye de le corriger en : 

         Edictant des règles

         Mettant en place des lois restrictives

         Faisant de la compliance (par la formation, on impose des règles éthiques et morales) 

Au niveau des entreprises : 

Le degré est très variable selon les entreprises.

La corruption s’est généralisée, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI ) a identifié 3 000 attaques informatiques et 60 % sont des entreprises françaises contre des autres entreprises françaises.

Au niveau des entreprises, l’éthique et la morale sont rarement respectées et cela permettait de créer des distorsions de concurrence. 

Des exemples : 

  • Revenons à la crise financière de 2008, le Secrétariat au trésor américain Henry Paulson, issu de la banque Goldman Sachs, a lâché Lehmann brothers dans la crise pour favoriser Goldman Sachs.
  • Pour l’entrée de la Grèce dans l’Union européenne et dans la zone Euro, Goldman Sachs aurait aidé la Grèce à camoufler ses chiffres et la réalité de l’économie grecque. Et tout en conseillant le gouvernement grec, Goldman Sachs spéculait sur la faillite de la Grèce. 
  • Le dernier plus gros scandale de corruption concerne le contrat du siècle al Yamama signé entre la société britannique BAE Systems et l’Arabie Saoudite. Le contrat a fait l’objet de commissions illégales versées à des membres de la famille royale d’Arabie Saoudite.(http://www.paradisfj.info/spip.php?article2131)           
  • Autre scandale de corruption en Europe qui a touché la société allemande Siemens pour obtenir des contrats.            La société dispose pourtant 2 000 compliances officers et un code de conformité contre la   corruption.

 (https://www.swe.siemens.com/france/web/fr/portail/durabilite/compliance/Documents/guide_conformite_1475049.pdf) 

  • Aux USA, la société Halliburton, dirigé en son temps par le vice président de l’administration américaine Bush, Dick Chenez a obtenu des contrats sans procédures d’appels d’offre internationale.

Les travaux de l’OCDE contre la corruption ont pourtant été initiés par les USA. 

Pour Monsieur Juillet, il est temps d’être réaliste. Nous sommes engagés dans une guerre économique et personne «  ne se fait de cadeaux ».On est dans un combat dissymétrique et la corruption est un « fil à la patte » dixit monsieur Alain Juillet.

La corruption existe dans la plupart des pays et ne touche pas seulement les pays pauvres mais aussi les pays industrialisés.

 

Il y a nécessité d’une évolution vers la compliance et une prise en compte de l’étique.

Oui, mais quelle éthique ? et quelles applications pratiques ?

L’éthique, c’est une transcription de la morale dans une société en pleine évolution dans laquelle on ne peut pas échapper aux rapports de force.

Le pôle économique mondial se déplace vers l’Asie, il va falloir prendre en compte l’éthique et la morale des pays de cette zone.

Il va falloir apprendre et comprendre l’éthique et la morale de ces pays. 

C’est le grand challenge de demain, conclut Monsieur Alain Juillet. 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE DU COLLOQUE

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