Archives Mensuelles: août 2010

L’intelligence économique en bref pour les nuls

Le contexte :

Face à la mondialisation, à l’accélération des changements technologiques et le flux d’informations qui inonde notre quotidien, il est primordial aujourd’hui pour une entreprise, une entité, une organisation, un Etat de s’adapter rapidement et ne plus être dans le réactif mais dans le proactif. Aujourd’hui, une entreprise qui ne surveille pas son environnement (juridique, commercial, sociétal, technologique, etc…) est une entreprise fragile et en danger pour sa survie.il ne faut pas se faire surprendre par un nouveau concurrent, une nouvelle innovation ou une nouvelle norme et être à l’ écoute des attentes de ses clients.

Avec le développement des nouvelles technologies de l’information, les entreprises sont plus que jamais vulnérables et il faut protéger le patrimoine informationnel. On est en guerre économique et l’information est le nerf de la guerre et aussi une arme stratégique.

Qu’est ce que l’intelligence économique ?

C’est d’abord un mode de gouvernance dont l’objet est la maîtrise de l’information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité d’une organisation (entreprise, Etat, organisation internationale, collectivité locale, ONG, etc……) C’est une activité qui doit s’effectuer dans la légalité et respect de l’éthique sur des informations ouvertes (presse, colloques, internet, autres médias, base de données, etc…). Ce n’est pas de l’espionnage  car, en aucun cas, le concept ne doit utiliser des moyens illégaux pour obtenir des informations confidentiels. Cependant la frontière entre espionnage et intelligence économique est difficile à limiter car certains services de renseignement ont pour mission de faire de la recherche d’informations économiques et n’hésitent pas à utiliser des moyens illégaux pour atteindre leurs objectifs.

C’est aussi un état d’esprit, une façon de voir les choses, de voir le monde.

Il faut être curieux, ouvert, prêt à se remettre en question. Il faut être à l’écoute de tout, faire circuler de l’information à ceux qui en ont besoin. Il faut analyser les réussites mais aussi les échecs. Il faut s’intéresser à des choses qui dérangent, ouvrir les yeux et les oreilles. Il faut être curieux et humble et prêt à se remettre en question

L’intelligence économique est un moyen de rendre une organisation plus compétitive, plus innovante.

Le concept d’intelligence économique s’articule autour de 3 axes :

–        la veille

–        la protection et sécurisation

–        l’influence

La veille (explication succincte)

Il y a des méthodes et techniques de recherche à apprendre pour être veilleur.

Cette veille active et continue se fait à partir d’un plan de veille :

–        qu’est ce qu’on cherche ?

–        De quoi a besoin l’entreprise, le service ?

–        choix des supports où vont s’effectuer la recherche, la collecte de l’information

–        Analyse de l’information

–        Diffusion de l’information aux personnes et services

–        mise en place dans l’entreprise d’une structure (cellule de veille) pour la continuité de la recherche et répondre à des demandes ponctuelles de recherche.

–        Diffusion de l’information

–        Animation du cycle de recherche

–        mise en place de support pour faire circuler l’info utile et stratégique (intranet, réseaux, journal interne, lettre interne, base de données, etc…)

Surveillance de l’environnement économique, concurrentiel, technologique, sociétal, juridique, géopolitique, financier en fonction des besoins de l’organisation, en fonction de la stratégie de l’entreprise (Il n’est pas question de monter une usine à gaz, il faut aller chercher l’information pertinente et utile pour l’organisation, l’entreprise ou un service.

La veille peut s’effectuer aussi auprès des partenaires de l’organisation ou de l’entreprise (clients, fournisseurs, banques, partenaires, sous -traitants, association professionnelle, etc…) ou interne à l’entreprise (commerciaux, service communication, service export, marketing,)

En un mot, rester en éveil et scruter en permanence de façon pertinente l’environnement dans lequel évolue l’organisation.

La protection

–    Protection de l’information à l’intérieur de l’entreprise

–        Protection de l’organisation face à l’environnement extérieur (attaques informatiques contre le système d’information de l’organisation.

–        Protection de la réputation des dirigeants et de l’organisation dans les médias classiques  et surtout sur  internet.

–        Surveillance des rumeurs sur internet

–        Protection de l’organisation face à des menaces internes (malversations, sabotage, vols de données confidentielles,

–        Protection de l’entreprise face à des attaques de la concurrence ou campagne de déstabilisation dans les médias

–        Protection des systèmes informatiques de l’entreprise et des locaux.

–        Evaluation des risques dans l’entreprise (risque industriel, risque organisationnel, risque financier

–        Protection contre la contrefaçon dans certains secteurs d’activité

–        Sensibilisation du personnel aux problèmes de sécurité, de menaces et de risques dans l’organisation par des formations.

–        Surveillance en matière de recrutement

–        Protection des informations sur des ordinateurs qui quittent l’entreprise (commerciaux et exportateurs) et protection des systèmes de communication (internes et externes)

La protection et la sécurisation s’effectuent  avec la direction, avec le responsable des systèmes informatiques, le responsable de la sécurité,  le responsable des risques ou le compliance officer dans les établissements financiers.

En un mot, protéger les données sensibles, les actifs matériels et immatériels de l’organisation.

L’influence

–         Faire du lobbying auprès de syndicats, auprès de structures institutionnelles (chambre des députés, parlement européen, Sénat américain, syndicats professionnels, etc…) pour que des lois, décrets, directives n’aillent pas à l’encontre de l’activité de l’organisation.

–         Faire de l’intelligence économique offensive si on est attaqué (identifier son ou ses adversaires, connaitre ses faiblesses, faire des campagnes de déstabilisation, faire de la désinformation, attaquer son adversaire sur ses points faibles, le discréditer face à l’opinion

–         Utiliser l’information pour riposter en cas d’attaque

–         Mise en place d’une cellule de crise en cas d’attaque (OPA inamical en bourse si l’entreprise est cotée, tentative de déstabilisation de l’organisation, lutte contre une rumeur  persistante)

–         Faire en sorte que l’information qui sort de l’organisation ne dévoile pas les objectifs stratégiques ou ne donne pas des données stratégiques à la concurrence. Savoir communiquer sans divulguer quitte à faire de la désinformation pour tromper l’adversaire.

En un mot, mettre en œuvre des stratégies d’influence pour adapter l’environnement avec la stratégie de l’organisation

J’espère que cette présentation succincte permettra aux néophytes de comprendre un peu mieux le concept, le métier ou les métiers qui s’y rattachent.

Paris le 30 août 2010

Christophe Condette Forster

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